Les résultats financiers d'Apple montrent la poursuite de la bonne forme du constructeur de Mac et d'iPod/iPhone. Surtout, la conférence téléphonique destinée aux analystes financiers donnait deux indications sur le futur proche d'Apple. La firme prévoit une transition de produit avant fin septembre et le lancement d'un nouveau produit avant fin 2008. Le tout étant orchestré pour exténuer la concurrence. Alors Mac ou terminaux mobiles ? iPod Backstage penche pour un rapprochement de ces deux segments.
Pour mesurer les enjeux :
iPod Backstage deuxième édition, troisième partie, à paraître fin 2008.
L'analyse :
Plus de 11 millions d'iPod ont encore trouvé preneur entre avril et juin 2008. Et l'iPhone atteindra et dépassera bientôt le rythme stabilisé de 1 million de pièces par trimestre. Ces deux chiffres montrent à quel point la bataille de la poche est en train de transformer les pratiques de nos concitoyens. Déjà habitués à disposer de la musique, de la vidéo, du GPS, de leurs contacts, de leur agenda et de quelques outils de communication dans le jean, ils tendent à demander désormais l'Internet, l'email et de nombreuses autres fonctionnalités utilisables en "mode nomade".
Les deux chiffres montrent aussi avec quelle rapidité les tendances sont susceptibles de se construire désormais. L'iPod a dématérialisé la musique, démocratisé le podcast et favorisé l'émergence d'un nouveau mode de vie numérique, tout autant qu'il remettait Apple en selle.
Si le petit surdoué a pour l'instant été "intouchable" en squattant près de 70 % de part de marché des baladeurs numériques, l'iPhone doit quant à lui encore tout prouver.
Le chaleureux accueil reçu par la deuxième version du terminal mobile d'Apple risque une nouvelle fois de faire bouger des pièces sur l'échiquier de la téléphonie mobile : Apple est parvenue à détenir "du jour au lendemain" entre juin 2007 et avril 2008 près d'un cinquième à un quart du marché des smartphones. Aux Etats-Unis, RIM tient encore le haut du pavé et Palm n'est pas loin. Mais les autres constructeurs ont déjà du mal à coller à cette échappée. Par ailleurs, ces parts de marché sont à rapprocher de celles de l'iPod à son lancement en 2001 : en un trimestre, il détenait déjà 20 % du marché des baladeurs à disque dur !
Toutes proportions gardées, l'approche d'Apple reste donc la même : débouler sur un marché parvenu à maturité avec des technologies de rupture qu'elle est la seule à obtenir en masse. Le petit disque dur de Toshiba lui avait ainsi servi de barrière à l'entrée de 2001 à 2003. L'écran tactile multipoint remplis ce rôle depuis 2007 et le tiendra facilement jusqu'aux débuts de 2009, en raison des faibles capacités de production de la quinzaine de sous-traitants capables de les fabriquer.
L'iPhone est devenu la cible des autres créateurs de téléphones mobiles. Samsung, LG, HTC ou RIM se sont lancés sur le créneau du terminal Internet à écran tactile multipoint défriché par Apple. En fait, ces modèles haut de gamme, démonstrateurs de capacités technologiques, servent surtout à tirer les ventes d'autres modèles aux fonctionnalités moins avancées.
Un Momentum qui trouve à qui parler
Parallèlement, alors que sa division Mac bénéficie d'un véritable Momentum, Apple se voit concurrencée au bas du segment des ordinateurs portables par de nouveaux outils encore plus petits, à l'instar de l'eee PC d'Asus. La croissance du marché de ces UMPC (Ultra Mobile PC devenus des "Mini-note PC") a été de 3056 % sur 2007 et se maintient largement au-dessus de 70 % de trimestre en trimestre sur 2008, selon DisplaySearch. Vendus entre 240 et 400 €, l'Asus a transformé ce marché depuis la fin 2007. HP, Dell et les autres sont en train de s'engouffrer dans cette brèche béante ouverte par le taiwanais, au risque de faire chuter encore leur prix de vente moyen, qui s'est effondré ces dernières années et plus encore ces derniers mois, en raison des contraintes économiques.
Apple, qui détient désormais une excellente place sur le marché des portable où elle joue du coude avec les HP, Dell, Asus et autres Lenovo, se doit absolument de positionner un produit sur ce segment de marché pour profiter de l'effet d'aubaine, s'appuyer sur ce nouvel engouement pour renforcer son OS X, et endiguer un potentiel effritement de parts de marchés de ces autres segments de portables.
Deux fronts sont donc ouverts en même temps : l'un qui touche les terminaux mobiles, l'autre sur les mini-laptop PC. Bizarrement ces deux segments se touchent désormais, tant en termes de fonctionnalités qu'en termes de coûts de production. Autrement dit, c'est le moment où jamais pour Apple de dévoiler une stratégie de rapprochement de ces différents terminaux nomades. Mais celle-ci n'a-t-elle pas déjà été largement rendue publique, avec l'OS X de poche ouvert aux applications tierces ?
Transition et nouveau produit
En fait de transition de produit cet été, c'est donc bien de l'iPod dont il s'agit. La transition va permettre à Apple de modifier sa gamme d'iPod pour accroître la notoriété de son interface tactile et augmenter les parts de marché de son OS X de poche. iPod Backstage s'attend à ce que tous les iPod d'Apple hormis le shuffle soient doté d'un tel écran de plus ou moins grande dimension. "L'iPod est un succès, il nous faut donc le changer", a coutume de dire Steve Jobs pour justifier de telles décisions radicales.
Surtout, la manœuvre permettra d'augmenter la consommation d'écrans tactiles multipoint dont la disponibilité mondiale est faible bien qu'elle soit en augmentation, et pour laquelle Apple peut compter sur le soutien du premier producteur mondial, le Sino-taiwano-allemand TPK. Grâce à TPK, Apple maîtrise plus de la moitié de la production mondiale d'écrans tactiles capacitifs, ce qui crée une barrière industrielle impossible à franchir pour le moment pour ses concurrents.
Et le nouveau produit, alors ? Pas de grand mystère et de secret insoutenable non plus : Apple va dévoiler un produit positionné à la charnière entre les terminaux mobiles et les mini-note PC. Un produit qui pourrait faire tourner l'OS X de poche en mode terminal nomade, et qui fonctionnerait sous Mac OS X en mode terminal de bureau ou terminal portable. Avec ou sans clavier, avec écran tactile et avec un dock d'accueil lui permettant de se transformer en ordinateur de bureau. L'appareil de la quadrature du cercle : celui qui représentera la vision de hub numérique de Steve Jobs à lui tout seul, et qui génèrera un nouvel éco-système à lui seul. Prix de ce bijoux ? Aux alentours de 500 à 800 euros : coincé entre de gros iPod Touch et des MacBook aux prix revus à la baisse.
Pourquoi un tel appareil à faible coût d'acquisition et d'usage ? Parce que les écoles en ont besoin en raison de leurs budgets restreints; Parce que les entreprises tendent dans cette direction en réclamant à tue-tête qu'on leur trouve une solution à l'empilement de technologies qu'elles ont dû réaliser; Enfin, parce que dans le grand public, et particulièrement au sein de la clientèle d'Apple, une énorme attente existe pour un "remplaçant" et successeur des familles Newton, eMate, Pippin, PowerBook duo-dock et Mac Mini. Le futur produit d'Apple va sans nul doute remplir cet espace. Il ne lui manque qu'un nom. Alors ? MacBook Touch, MacTablet, MacFolio ou MobileMac ?

Good words.
Rédigé par: Candie | 25 avril 2009 à 14:16
Bravo pour l'estimation du prix.
Rédigé par: Nippotam | 02 février 2010 à 17:19