Synthèse :
Qui a dit :
" Nous ne sommes pas des concurrents des plates-formes légales. Chez ****, le téléchargement n'est possible que sur les mobiles. Comme le tranfert vers les PC est interdit, les personnes ayant téléchargé ce single iront ultérieurement se procurer l'album dans les bacs pour obtenir une meilleure qualité d'écoute."
Pour en savoir plus :
iPod Backstage, chapitre 7, 8 et 10
L'analyse
Le premier mouvement, c'est de répondre " quelqu'un de pas très malin…"
Ce premier constat posé, essayons d'aller plus loin dans l'analyse.
Les propos sont relayés verbatim par l'édition électronique de 01 Informatique , et émanent d'un porte-parole de France Télécom , en réaction aux protestations du Syndicat des Détaillants Spécialisés du Disque (le SDSD). Celui-ci réagissait à la mise en ligne en {streaming} (écoute sans téléchargement possible), du prochain single de Madonna. A partir du 17 octobre, Hung Up (raccroché) est vendu au téléchargement en exclusivité en France sur portail musical de Wanadoo et d'Orange pour une semaine, les détaillants habituels ne pouvant mettre en rayon le CD de Madonna que le 14 novembre : au total près d'un mois se sera écoulé entre les deux rendez-vous.
France Télécom se défend en poursuivant : "Nous participons à la promotion de l'album en faisant de la publicité en prime time sur les grandes chaînes de télévision. Le partenariat avec Warner profitera à tous", ce que réfute le SDSD, dont le directeur général Philippe Person parle de "pratiques anticoncurentielles". Le communiqué de presse du groupe de lobbying (le SDSD se définit lui-même ainsi sur son site) "tient à souligner plus largement que les accords exclusifs de commercialisation aboutissent au final à restreindre le choix du consommateur et les considère comme anti-concurrentiels." (souligné dans le communiqué).
Le discours des différents partenaires est pour une fois limpide, empêtrés dans leurs multiples contradictions. L'interopérapilité réclamée à cors et à cris par les Majors pour le système de DRM FairPlay d'Apple ne se justifie que pour "lever" la position de force dans laquelle se trouve un négociateur peu docile : ce qui est dit explicitement par le porte-parole de France Télécom, c'est que le client devra payer 2 fois, s'il veut écouter son titre dans de bonnes conditions.
Les opérateurs téléphoniques d'une manière générale représentent un débouché supplémentaire pour
les industriels du disque –avec une forte valeur ajoutée puisque le morceau est vendu ici 2 euros–, en même temps qu'une possibilité de faire pressions sur les détaillants de musique en ligne, au 1er rang desquels on trouve iTunes. Mais c'est aussi une façon de continuer à vendre plusieurs fois le même contenu même s'il est immatériel, sur des supports différents.
Il convient d'ailleurs de noter que le Syndicat des Détaillants Spécialisés du Disque compte aussi dans ses rangs la Fnac ou VirginMegastore, qui bénéficient également, tout comme iTunes Music Store, de réservations et de sorties en avant-première. C'était d'ailleurs le cas de la version radio de 'Hung Up', sur le Music Store américain.
[Mise à Jour du 21 octobre, 19:35] L'AFP annonce dans une dépêche que le SNEP (Syndica National de l'Edition Phononographique) a écrit officiellement au groupe Virgin Megastore, pour lui demander de cesser la commercialisation de 'Hung Up' sur son disquaire en ligne VirginMega.fr.
Le SNEP, officiellement averti par Warner Music, qualifie la mise au catalogue du titre en l'absence d'autorisation de la part de l'éditeur d'"acte de contrefaçon".
Pour plus d'information :
01 Informatique
Syndicat des Détaillants Spécialisés du Disque

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